mardi 9 octobre 2018

Le gardien de nos frères d'Ariane Bois



Résumé : Rien ne prédestinait Simon et Léna à se rencontrer. Lui appartient à la bourgeoisie juive parisienne, patriote, laïque et assimilée ; il a été maquisard et blessé au combat. Elle est issue d'un milieu de petits commerçants polonais et a réussi à survivre au Ghetto de Varsovie. En 1945, la guerre leur a tout pris. Chacun de leur côté, ils vont accepter une mission très particulière : rechercher des enfants juifs cachés par leurs parents dans des familles, des orphelinats ou des couvents, quand il s'avère que ceux-ci ne rentreront pas des camps. Simon parce que son petit frère Elie a disparu dans des conditions mystérieuses ; Léna car elle espère ainsi redonner du sens à sa vie. Et cela va les entraîner bien au-delà de ce qu'ils auraient pu imaginer. C'est l'histoire de deux jeunes révoltés qui, dans une France exsangue, vont se reconstruire grâce à la force de l'amour. De Paris à Toulouse, d'Israël à New-York, un roman d'aventure porté par le souffle de l'Histoire.


Le gardien de nos frères est un roman d’Ariane Bois publié par les Editions Charleston. Un drame historique de 368 pages coutant 8,50€. Un livre qui ne se lit pas vite, aux pages bien remplies, émotionnellement chargé, très détaillé.

Ariane Bois a failli me perdre au début de son livre. D’un côté, nous avons la romancière, qui nous raconte une fiction sous fond historique. De l’autre, nous avons la journaliste, qui nous narre des détails véridiques. J’ai trouvé que le côté entre les deux ne se faisait pas très bien. Au départ, j’ai eu l’impression de lire un documentaire qu’on aurait mieux écrit. J’ai donc hésité à refermer ce livre. Et je serais passée à côté d’une lecture très marquante !

Au fur et à mesure que nous avançons, que nous découvrons la vie éprouvante de Simon, le calvaire de Léna. Nous nous attachons à ces personnages, à ce qu’ils vivent et à ce qu’ils ont vécu. Et l’écriture un peu brute et froide d’Ariane Bois rend ça magnifiquement bien et là où j’ai eu du mal au début, je l’ai trouvé parfaite par la suite. C’est brute et froid, à l’instar de ce moment de l’histoire. Pas de chichi ou de fioriture. Le côté « documentaire » devient moins présent, ou peut-être me suis-je habituée ?

Ce livre m’a beaucoup questionné. Ce qui est certainement le but du livre de cette autrice. Je ne connaissais pas du tout les évènements qu’elle nous raconte. Je ne parle pas de la seconde guerre, mais de l’après. On se questionne peu sur l’après en fait : que deviennent les enfants cachés une fois la guerre finie ?
Le portrait que nous dresse l’autrice est cruellement juste. D’un côté, une nécessité pour le peuple juif de récupérer ces enfants. De l’autre, des familles aimantes et honnêtes à qui on retire froidement et subitement un être qu’ils ont appris à aimer. Au milieu, des enfants battus, violés, par des gens qui n’ont fait que profiter d’une main d’œuvre gratuite et qui réclame de l’argent ! Et la religion catholique qui n’a pas le bon rôle non plus qui, dans un mouvement (ou une mascarade ?) de piété, refuse de laisser « redevenir juif » les enfants qu’elle a fait catholique.
Alors ont-ils bien fait, ces juifs survivants ? C’est la question avec laquelle je ressors. Leurs arguments sont louables, bienveillants et censées. Leurs intentions bonnes, clairement. Mais quand on voit la réalité ainsi exposée, certains de ces enfants enlevés à des foyers bons et aimants pour être placés dans un orphelinat (bon aussi mais ce n’est pas pareil.). Ça questionne, ça me questionne. L’autrice nous expose cela de manière neutre, sans donner son avis je trouve.

La découverte de ces évènements, l’absence de parti pris, les questionnements autour rendent se livre excellent, frappant, poignant. Un livre que je ne suis pas prêt d’oublier !

Je remercie les Editions Charleston pour leur confiance et la découverte de cet excellent roman !

Retrouvez ce livre chez les Editions Charleston

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