vendredi 15 avril 2011

Les Dames Baroques, recueil de nouvelle, Edition du Riez


Drôles de Dames…



Les Dames Baroques est une anthologie dirigée par Estelle Valls de Gomis comportant vingt nouvelles. Vingt nouvelles mettant en rôle des femmes, bonnes ou mauvaises, écrites par des écrivains, morts ou vivants. Les nouvelles ont en grande majorité un genre fantastique. Le cadre spatio-temporel est très varié entre le passé très ancien et le présent actuel.

Tout d’abord, commençons par la préface écrite par la main de Charlotte Bousquet. Elle est plutôt bien écrite et nous dessine un portrait prometteur du livre que nous tenons entre nos mains. Elle laisse entrevoir le pouvoir maléfique que les femmes exerceraient...

La première nouvelle se nomme Précieuse icône écrite par Carole Grangier. Elle met en scène une femme dont on ne sait rien, une jeune fille plus précisément, drapée avec un joyau sur le front. Et un homme, un psychopathe. Carole Grangier nous raconte l’histoire de leur rencontre un peu bizarre…
C’est une nouvelle de cinq pages, avec seulement de la narration. Je dois avouer que cette nouvelle me laisse vraiment perplexe…

Enchaînons avec Le baiser de la sorcière d’Armand Cabasson. L’histoire se déroule à Saragosse, en Espagne. Le protagoniste est une femme dont on ignore le nom, qui va être brûlée. Elle est sur le bûcher et elle repense à son passé, comment elle en est arrivée là…
Très peu de parole, beaucoup de narration et une seconde nouvelle que j’ai trouvé plus intéressante que la première.

Retrouvons Charlotte Bousquet avec sa nouvelle Derrière les ombres mettant en scène deux personnages : Julien, une sorte de curé qui tue les femmes qu’il juge en proie avec le malin. Il est victime d’une malédiction dont il souhaiterait se défaire sans savoir comment. Et Despoina, fille de Déméter (déesse grecque) qui a un but inconnu jusque la fin. Sa route va croiser celle de Julien dans une soirée où ils ont été tous deux invités.
Cette nouvelle comporte quelques poèmes, du dialogue et de la narration. Il y a un bon style d’écriture. J’ai cependant trouvé cette nouvelle un peu longue à lire mais le but est atteint.

Poursuivons avec Lapidaire de Karim Berrouka qui est un classique visité et revisité de la littérature. Néanmoins j’ai trouvé cette nouvelle profonde, agréable à lire et qui rappelle des souvenirs d’enfance. Pour vous dresser un petit tableau, l’héroïne est la fille du Roi Saber mais c’est une princesse très spéciale car elle est constituée entièrement de pierres précieuses. Le roi se mourant, il implore sa fille de trouver un époux. Celle-ci ne veut pas d’un prince, d’un duc… Elle veut quelqu’un qui aura vraiment quelque-chose à lui offrir…

Cette nouvelle est suivie par Le jour de la Belladone de Justine Niogret qui se déroule avec une jeune fille/enfant, on ne sait pas vraiment (10 ans d’après un calcul mais est-il fiable ?). Si l’on se fie à l’écriture, on dirait qu’elle est beaucoup plus âgée. Elle est considérée comme l’incarnation d’une déesse et se retrouve vouée à des rites qu’elle ne supporte plus.
C'est une nouvelle courte avec seulement de la narration. Une bonne écriture mais je lai trouvée étrange, de part cette impression d’une personne âgée quand on a affaire à une toute jeune fille. Je n’ai pas vraiment apprécié ce texte, et je pense ne pas avoir saisi sa profondeur.

Reflet dans une opale de Daniel Alhadeff a pour héroïne une dénommée Carlane qui achète chez un antiquaire une pierre : L’œil du destin. Une pierre magique qui va complètement l’ensorceler… Et ça va aller très loin mais je ne vous en dirai pas plus !
Cette nouvelle sympathique est agréable à lire avec un bon style d’écriture. Pas très originale car le coup de la pierre qui ensorcelle est très classique mais on prend vraiment plaisir à lire ce texte.

La nouvelle de Cyril Carau, Jusqu’au bout de la vérité me laisse perplexe. L’action est racontée en quatre jours différents, en 1891. Il y a trois personnages qui sont Robert, Géraldine et « je », le narrateur. Robert rencontre Géraldine lors d’une soirée et en tombe fou amoureux. Après plusieurs mois d’amour fou, il commence à se demander qui est vraiment Géraldine et c’est justement cette notion de qui est vraiment Géraldine que je n’ai pas compris. Le début est la fin puisque la première partie se déroule avec Robert qui annonce à « je » qu’elle est partie. La nouvelle se conclut par Robert qui explique qui était cette femme qu’il aimait…
C'est une nouvelle agréable. J'aime beaucoup les nouvelles "fermées" comme je les appelle : les nouvelles où on démarre de la fin pour revenir à la fin (je ne sais pas si j'ai bien imagé.) Côté écriture, rien à dire : la nouvelle est bien écrite, dans un style clair et agréable. Je me suis demandée qui était "je" mais on n'a pas de précision et il est vrai que cela n'apporterait rien à lire. Une remarque sinon : le fait qu'il s'agisse d'un narrateur interne ne nous fait pas ressentir l'amour fou que partage Robert et Géraldine mais plutôt l'éloignement qu'il crée. Un point de vue inhabituel, d'un point de vue personnel tout du moins, mais intéressant.

S’enchaîne à cette nouvelle une autre histoire d’amour qui tourne au drame. La Dame de Gwenninis, écrite par Tepthida Hay, débute immédiatement avec Goulwenna qui vient de se faire « jeter » par Paol, son grand amour. Or, ce dernier lui avait offert un médaillon, gage de son amour et unique reste de leur passion car la jeune femme ne survivra pas à son chagrin. Le médaillon se transmet de génération en génération, d’année en année… jusqu’au jour où Alexis l’achète dans le but de l’offrir à Ninon, sa petite amie…
C’est un petit peu dur de parler de cette nouvelle sans trop en révéler. Écrite dans un style plus contemporain, j’ai vraiment beaucoup aimé cette nouvelle qui est celle que je préfère parmi les premières.

Nous voici désormais dans un monde parallèle dirait-on, dans une ambiance rappelant beaucoup la planète des singes. Découvrons tout d’abord la vision d’une créature qui semble dotée d’une certaine intelligence, prisonnière des « humains » qui prennent ceux de son peuple pour des « idiots ». Excepté Nyala, une petite fille qui touche notre créature et qui s’en retrouve punie. Pourtant, ce contact change quelque-chose… Et je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher la suite.
Si nous assimilons ces créatures à des singes et les « humains » aux humains, L’essor de Sophie Dabat nous ramène à une ambiance similaire à la planète des singes. Une conclusion surprenante mais une bonne chute.

Dans un autre genre, Rosae Furiarum de Morgane Guingouain, Les roses de la folie. Un titre révélateur pour une nouvelle écriture dans une époque contemporaine avec deux personnages : Gabriel et sa demie-sœur Rachaela dont il est fou amoureux…
Une nouvelle étrange que je n’ai pas trop appréciée. Avec le recul, je pense pouvoir dire que l’auteur avait pour but de nous montrer l’esprit de Gabriel, qui est très étrange…

Il ne faut pas discriminer une nouvelle mais Succube de Sire Cédric est certainement la pire nouvelle du recueil. Le genre : érotisme. Érotisme poussé à l’extrême puisque pour résumer la nouvelle, je peux dire qu’il s’agit de la description de l’acte de A à Z. On se retrouve avec un homme alcoolique qui voit débarquer chez lui, un soir, une femme tout de noir vêtue.
Une chute que l’on devine immédiatement, une histoire qui se résume au sexe… Cette nouvelle ne m’a vraiment pas plu.

Les crocs de la Basilicate d’Elie Darco est la plus longue des nouvelles du recueil (30 pages). Nous suivons Fellenza en Espagne ou Italie de l’ancien temps. Elle est servante chez un savant fou qui essaye d’atteindre la vie éternelle et fait des expériences sur les vampires, les goules…
Bonne nouvelle, dommage que la chute ne soit pas à la hauteur de l’histoire.

A l’époque des chevaliers, Léonor Lara, avec Serments, Eternels serments d’amour, nous fait découvrir Phénice, veuve très triste et suivante de la reine qui décide la remarier. A son nouvel époux, Phénice fait promettre de ne jamais retourner à la guerre. Mais il rompt le serment…
C’est une nouvelle rapide. On a l’impression d’un conte.

Quittons les chevaliers et rendons-nous dans un cabinet de psychanalyse où Simone Fourgès écoute sa patiente, Madame Longuet. Mariée et heureuse, la vie de Madame Longuet a basculé le jour où elle est tombée amoureuse… d’un rêve !
Alternant la vision de Simone sur sa nouvelle patiente et celle de Madame Longuet racontant son histoire, Le bol d’argent de Lucie Chenu s’achève avec une excellente chute ! Écrite avec un bon style d’écriture, j’ai vraiment beaucoup aimé cette nouvelle qui est certainement ma préférée !

Suivant cette excellente nouvelle, Isabella de Sophie Goasguen est une nouvelle qui a bataillée pour la première place de nouvelle préférée du recueil. À nouveau dans une époque contemporaine, nous suivons Valérie qui s’achète une bague dans une brocante. Malheureusement, cette bague va la rendre folle et lui faire subir des amnésies à répétition…
Un début déjà vu avec la bague magique et pourtant, une chute inattendue ! Excellente nouvelle !

La princesse aux Lys rouge de Jean Lorrain est une petite nouvelle sympathique avec la princesse Audovère qui vit dans un cloître… La nouvelle se déroule très vite, la fin est un peu devinable. La nouvelle se dirige droit au but.

Une autre petite nouvelle avec La reine Margot de Joris Karl Huysmans. Le narrateur est un homme, « je », qui est à un bal et qui aperçoit une femme. Il tombe sous le charme mais quand il voit qu’elle a un amant, elle lui rappelle une ancienne femme…
Les sept derniers mots sont le « clou » de la nouvelle qui est très ironique… J’en garde un bon souvenir qui me fait sourire.

Gottfried Wolfgang de Pétrus Borel est une nouvelle qui se lit rapidement, dressée dans l’ancienne époque. Dur d’en parler car elle est courte et j’ai peur de dire un détail de trop… Je n'ai ni d'avis positif ni d'avis négatif sur cette nouvelle. Il me semble que l'auteur a essayé de faire une chute mais j'ai trouvé que la dernière partie, n'était non pas une chute mais plutôt une confirmation de ce que l'on pensait déjà. L'auteur a dressé autour du protagoniste une certaine ambiance qui fait que l'on devine la fin (la toute fin parce qu'il y a un coup de théâtre un peu avant que l'on ne devine pas par contre).

Avant-dernière nouvelle : La belle au cheveux d’or de Madame d’Aulnoy. Un conte connu, avec un roi amoureux d’une princesse et qui envoie un ambassadeur la convaincre de l’épouser. La princesse lui imposera trois volontés… Je ne veux pas en dire trop mais sympathique. La fin, on la devine certes rapidement mais cette nouvelle m'a rappelée ma petite enfance. L'ambiance est au conte magique davantage qu'à une nouvelle. Un bon texte pour rêver.

Achevons avec Le cachet d’Onyx de Jules Barbey d’Aurevilly. Une nouvelle que j’ai moyennement aimé, enfin je n’ai pas trop saisit le but… Le fait est que je suis vraiment restée hermétique. J'ai cru comprendre que c'était une personne qui racontait à quelqu'un d'autre une histoire d'amour qui fini mal. Le style d'écriture est plus ancien. Il y a un rapport à Othello, le personnage de Shakespear mais, n'ayant lu la pièce, je ne peux vraiment faire le rapport.

En définitive, un recueil que j’ai apprécié, avec de bonnes, voire très bonnes, nouvelles et d’autres que j’ai moins aimées… Un bon moment de lecture, avec différents de genres qui varient les lecture.


Merci aux Editions du Riez pour ce partenariat !

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