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vendredi 2 août 2013

Je ne sais plus qui tu es d'Ali Knight


RésuméAvec des enfants adorables et un mari parfait, Kate Forman mène une existence enviable. 
Mais un soir, tard dans la nuit, elle le retrouve effondré sur le carrelage de la cuisine, ivre, les mains couvertes de sang, marmonnant des paroles confuses et inquiétantes d’où il ressort qu’il aurait tué quelqu’un … Mais qui ?
Lorsqu’une belle jeune femme qui travaillait pour lui est retrouvée assassinée, les soupçons de Kate la conduisent à une quête désespérée pour découvrir la vérité qui menace de détruire le petit univers idyllique qu’elle s’est soigneusement construit.

Je ne sais plus qui tu es d'Ali Knight est un roman publié aux Editions Jc Lattès de 427 pages et au prix attractif de 12,50€. C'est un format demi-poche, avec pas mal de narration dedans. Difficile de déterminer un genre par contre. Nous avons un mélange de roman contemporain et de policier. 

Notre personnage principal est une femme, Kate Forman. Mère de deux enfants, épouse d'un homme idéal, épanouie dans son métier... elle mène une vie idyllique. Pourtant, elle n'est pas totalement parfaite et nous apprenons peu à peu à découvrir ses faces cachées. J'ai apprécié ce personnage, son combat pour découvrir la vérité même si son caractère ne m'a pas forcément plu.

L'histoire démarre immédiatement. L'auteur tente de semer le doute, de nous entraîner sur différentes voies. Très rapidement, j'ai conclus que la fin mettrait sa note au livre car l'auteur semblait vouloir nous faire un bon coup de théâtre. Malgré quelques petites longueurs, le roman est ponctué d'action, de rebondissements qui nous font douter de tout.

Malgré toutes les bonnes qualités que recèlent ce roman, que ce soit au niveau de l'écriture, des personnages ou de l'histoire en elle-même qui demeure bien menée, la fin m'a déçue. J'aurais aimé un coup de théâtre différent, auquel on n'aurait pas forcément pensé mais qui aurait pu nous avoir effleuré l'esprit. Quelque-chose de plus choquant, de plus théâtrale. La révélation est certes étonnante mais elle ne m'a pas plus car je n'ai pas eu ce petit coup au cœur qui m'aurait fait dire "Nooon, c'est pas vrai !" La fin m'a plutôt fait un effet du genre : "Ah, c'est ça...". Et c'est cette fin qui me donne un petit goût de déception pour ce livre si bien parti. Dommage...

Au niveau de la fin, je n'ai pas trop apprécié non plus le doute qui subsiste à certaines questions. L'absence de réponse claire et nette à certaines questions. L'auteur laisse le soin au lecteur de choisir lui-même sa réponse mais... je ne sais pas, il me manquait quelque-chose.

Conclusion

Ce livre est attirant, à prix attractif et idéal pour des vacances : il ne prend pas trop de place mais ne se lit pas en une journée non plus. Le résumé est attirant et vous auriez raison de céder car ce livre est vraiment agréable. Les différents personnages sont appréciables, l'histoire, malgré quelques longueurs, est parsemée de rebondissements et de doutes. Malheureusement, la fin ne fut pas à la hauteur de mes attentes et me laisse un petit goût de déception. Néanmoins, ce fut une agréable lecture que je recommande à tous.


Je remercie le forum Livr'addict et les Editions Jc Lattès pour l'envoie de ce roman

mardi 8 novembre 2011

Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine De Vigan



Quand j'ai choisi de lire ce livre, je ne m'attendais pas à ce que ce soit une histoire vraie, un témoignage sur sa mère. Je l'ai choisi car j'adore cette auteur. Puis, je l'ai découvert au fur et à mesure de mes lectures des chroniques sur les différents blog. Autant vous dire que je partais avec un grand a priori sur ce livre dont je n'entendais que du bien et des coups de coeur... 

Je tiens à préciser que ce roman ne suivra pas mon plan habituel de critique car il n'y prête absolument pas.

Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan est un roman de presque 500 pages que l'auteur a rédigé pour faire le deuil de sa mère. C'est donc une histoire vraie (ou quasiment), une sorte de témoignage. Il est vrai que je lis peu de témoignage car, trop proche de la vérité, ils me rappellent trop souvent la dure réalité de la vie. 
Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, Delphine de Vigan ne rend pas ce livre larmoyant, elle ne décrit pas un portrait tout rose ou tout noir de sa mère : elle en dresse un tableau gris, avec des taches plus claires, d'autres plus sombres, mais sans jamais la condamner. Elle aimait énormément sa mère même si elle lui en a parfois voulu, elle n'a jamais voulu la condamner et ce roman n'a pas non plus ce but. 

Lucile, le personnage central de ce livre, est mystérieuse, attirante et attachante mais elle nous glisse un peu entre les mains. J'ai eu un peu de mal à me faire une véritable idée de cette femme. Peut-on la juger folle ? Ou est-ce juste le destin qui s'acharnait sur cette famille ? 

Ce roman est vraiment à la fois très sombre mais lumineux. C'est vraiment cette sensation que je garde de ce roman, une sorte de tableau sombre et lumineux à la fois, un mélange de joie et de peine, de vie et de mort. J'ai vraiment été horrifiée par le destin de cette famille. Par contre j'ai vraiment admiré la force de cette famille, plus ou moins soudée, où vérité et mensonge semble cohabiter (en tout cas, beaucoup de contradiction) dans le silence.

Je décrirais ce roman comme pudique : l'auteur expose les faits, annote ici ou là les évènements sans pour autant imposer son jugement. Elle dit ce qu'elle pense, ceci n'engage qu'elle. 

Du fait, que retenir de ce roman ? C'est un roman plein de profondeur qui nous entraîne malgré nous dans un univers sombre. L'histoire, parce que vraie, est vraiment... incroyable, révoltante, horrible, merveilleuse... un peu de tout ça à la fois. L'écriture est maîtrisée (Delphine de Vigan n'en est pas à son premier roman non plus !) et parfaite ! 

Je recommande vraiment ce roman pour une bonne dose d'émotion, une belle leçon de vie, un magnifique hommage d'amour entre un mère et sa fille. Ce fut pour moi un coup de coeur !!
Un roman adulte que je ne recommande pas avant 15/16 ans


Un passage 

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. 
La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. 
Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » 

Une présentation du livre par l'auteur




Lu dans le cadre :


les matchs de la rentrée littéraire


Retrouver le livre ici :
CLIC

lundi 18 avril 2011

Les heures souterraines de Delphine De Vigan


Un roman à mettre au grand jour

Le livre de Delphine de Vigan, Les heures souterraines, traite de deux sujets d’actualité : le harcèlement au travail et la dépression, deux thèmes forts.
Delphine de Vigan raconte l’histoire de deux personnes, un homme et une femme, Mathilde et Thibault. Mathilde travaille dans une grande entreprise tandis que Thibault est médecin. Ils ont cependant un point commun : plus rien ne va dans leur vie. Ils sont las et déprimés.
Un résumé de roman d’amour, un titre policier, et pourtant ces premiers aspects du livre sont bien trompeurs ! Car il s’agit là d’un roman vibrant d’une colère et d’un désespoir qu’aucun mot ne peut décrire ! La lutte sans merci de deux êtres qui ne se connaissent pas mais qui se battent pour leur survie, pour ne pas sombrer dans la spirale infernale qui les ronge et les détruit à petit feu. Un roman empli d’une violence silencieuse qui nous désarme. Ce roman dénonce justement un problème qui pourrait nous atteindre tous sans crier gare, demain ou dans dix ans. Il dénonce le harcèlement au travail, la lâcheté des gens et l’incapacité de ces personnes enfermées dans cet enfer à s’en sortir seul. Un roman qui ne peut laisser indifférent celui qui le lit et qui nous pousse à nous remettre en question : N’ai-je pas moi-même été comme cette Patricia Lethu ? Aurais-je pu aider des gens avant qu’il ne soit trop tard ? Aurais-je pu éviter un suicide ? Car il nous semble que c’est ce que Mathilde va faire lorsqu’elle trébuche contre la mallette de Thibault : elle va se jeter sur les rails ! Et nous, lecteurs, nous assistons impuissants à la scène.
Un roman très agréable à lire où les pages sont fraîches et les chapitres courts. Les mots claquent à chaque instant et l’histoire avance vite. Durant tout le livre, on s’attend à ce que les deux personnages se rencontrent. On s’attend à ce Thibault soit le sauveur de Mathilde, peut-être par son statut de médecin. On s’attend à ce que Mathilde soit la femme idéale que recherche Thibault. On s’attend à ce qu’ils se soulagent et s’entraident mutuellement. Il n’en est rien. Ils ne feront que se croiser, bien qu’il semble que d’une certaine manière, Thibault, ou plutôt sa mallette, sauvera Mathilde.
L’histoire se déroule en une seule journée, une journée où il se passe tant de choses, une journée que, je pense, personne n’aimerait vivre. Une journée durant laquelle Mathilde attendra l’événement tant souhaité que la voyante lui avait prédit : « Le 20 mai, un important événement changera votre vie. »
L’enfer décrit par Delphine de Vigan est hélas bien réel et nous devrions plus le prendre en considération. Ce livre est très intéressant par son style d’écriture et par son sujet. Félicitation à cet écrivain pour son magnifique travail et pour avoir osé traiter avec talent de sujets qui restent bien trop souvent dans l’ombre.

No et moi de Delphine de Vigan




Deux personnages pour un monde. Lorsque Lou décide de tendre la main à No et de la sortir de son enfer, elle ne s’imagine pas à quel point sa vie sera changée et celle de sa famille. Dans chaque rencontre, il y a cependant des choses de positives et négative. Lou réussira-t-elle à redonner une vie à No ? A la sortie de la rue ?

Delphine de Vigan nous plonge avec No et moi dans un enfer peu souvent décrit. Nous y rencontrons deux personnages principaux : Lou, surdouée et candide, à travers les yeux de laquelle nous suivons cette aventure. Nous la voyons soudain mûrir et abandonner son utopiste pour affronter la réalité. Lou a deux parents : un père très proche et une mère profondément dépressive depuis cinq/six ans à la mort soudaine de son enfant. Elle a aussi un ami, Lucas, qui l’aidera beaucoup avec No et qui est très attaché à elle.
Vient ensuite Nolwenn, No, SDF, qui rencontre Lou par hasard. Elle n’a jamais eu une vie facile, rejetée par sa mère dès sa naissance, elle a un peu plus de dix-huit ans et vit dans la rue. Elle a une chance de recommencer sa vie grâce à Lou mais les blessures ne se referment pas ainsi.

Sans décrire clairement le monde de la rue, l’auteur arrive à nous faire ressentir ce qu’est cet enfer tout en nous décrivant la vie d’un SDF. Elle nous offre une magnifique leçon de vie face à une fatalité sans merci. Comment certaines personnes s’en sortent, comment d’autres s’enfoncent toujours plus bas. La vision candide que nous avons grâce aux yeux de Lou renforce l’horreur de la situation. « On est capable d’envoyer des avions supersoniques et des fusées dans l’espace, d’identifier un criminel à partir d’un cheveu ou d’une minuscule particule de peau, de créer une tomate qui reste trois semaines au réfrigérateur sans prendre une ride, de faire tenir dans une puce microscopique des milliards d’informations. On est capable de laisser mourir des gens dans la rue. »

Un quatrième roman à la hauteur de son art. Recommandé à tous, dès la seconde. Bonne lecture

samedi 16 avril 2011

Pied de mouche de Adam Mars-Jones


Pied de mouche d’Adam Mars Jones est un gros livre de presque 600 pages, publié par les éditions Lattès, que je remercie au passage pour ce partenariat…

L’histoire se déroule dans les années 50. Nous sommes en compagnie de JJ, un petit garçon à qui l’on diagnostique une maladie des os dans sa troisième année. Il se retrouve alors contraint et forcé de rester clouer dans son lit.
Cette maladie est une maladie orpheline surnommée : La maladie des os de verre. Encore peu connue de nos jours, mal soignée, elle oblige l'enfant à rester clouer au lit. Ce livre nous fait découvrir cette maladie si peu connue.

JJ est le personnage principal. C’est un garçon curieux, attentionné et avide d’explorer le monde. Il se bat contre sa maladie et il veut être reconnu comme étant une personne « normale », non-malade.
JJ est un personnage attachant. Au cours du roman, nous vivons son évolution. Son avidité de connaissance se fait sentir dans sa jeunesse ainsi que sa frustration de ne pas pouvoir sortir de son lit mais, jeune et insouciant, il paraît bien prendre la chose. Il est entouré par sa mère qui fait tout pour essayer de rendre la vie plus facile à son fils. Pour son fils, sa mère essaye de rendre la vie plus attrayante. Enfant, elle lui apporte du monde dans sa chambre, ce qui va du clown à l'âne... Elle est très présente pour son fils et essaye de rendre sa vie plus heureuse.
Les personnages que JJ rencontra au cours du livre agrandiront à chaque fois sa curiosité et son envie de vivre. C'est à ces contacts de ces gens si rares qu'il se forgera son opinion.

Ce roman est composé d’une écriture presque entièrement narrative. En effet, on y retrouve très peu de dialogue mais beaucoup de description. C’est JJ qui parle et qui nous raconte ses souvenirs. C’est d’ailleurs assez étrange parce qu’au début, l’enfant de trois ans nous paraît trop intelligent et cela m’a un peu gêné, je dois l’avouer. Je pense l'auteur détaille trop. Il nous fait partager le point de vue de JJ étant tout petit et c'est bizarre. Comme le comportement de la mère est parfois étrange et les réflexions de JJ. Néanmoins, le garçon demeure attachant.

Même si l’écriture de Adam Mars-Jones est fluide, je n’ai pas accroché le livre. L’histoire est longue, il n’y a pas vraiment d’action (ce n’est pas le genre) alors 600 pages ainsi, j’ai vraiment eu beaucoup de mal. Cependant, ce livre est un hymne à l’espoir : JJ va en effet devoir combattre pour qu'on le reconnaissance comme étant une simple personne et non pas une personne malade. J’ai trouvé qu’il relatait bien les faits et je recommande ce roman pour les personnes qui aiment les livres sans trop d’action, une histoire intéressante mais calme. 
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