14/20
Reçu grâce à Priceminister dans le cadre des Matchs littéraires 2012
La date butoir pour la chronique étant le 20 novembre, me voici, encore une fois, limite. J'ai pourtant commencé ce livre dès sa réception, mais il fut très long à lire...
Je suis une fan inconditionnelle de Harry Potter et J.K. Rowling est pour moi un dieu, ou plutôt une déesse. Afin de ne pas être déçue, j'ai lu ce livre sans penser qui était l'auteur, et sans en attendre quoi que se soit. Nous sommes loin du coup de coeur, loin de la réussite de Harry Potter, mais ce livre signe malgré tout, un bon retour d'une écrivain phare du 21ème siècle.
Commençons par les points extérieurs. Personnellement, je trouve que les maisons d'Editions autant françaises qu'anglaises, se foutent un peu de leur public, et jouent beaucoup sur la renommée de J.K. Rowling en nous présentant une couverture franchement moche pour un prix exorbitant (24€ en France). Certes, il s'agit d'un pavé de 675 pages, mais quand même...
Une place à prendre est édité aux Editions Grasset et J.K. Rowling signe son retour dans un petit village dénommé Pagford, où Barry Fairbrothers vient de mourir. Barry, un homme parfait sous toutes les coutures, laisse derrière lui une veuve, des enfants, des amis, des ennemis et surtout, une place au conseil paroissial que beaucoup convoitent...
Soyons tout autant honnête qu'avec l'aspect extérieur du bouquin : ce résumé paraît bien peu palpitant et n'annonce certainement pas un livre de renommée mondial. Pourtant, nous découvrons une bonne quinzaine de personnages auxquels nous nous attachons plus ou moins rapidement. Nous avons toutes une gamme de pseudos-héros, allant du bébé au vieillard, passant par le naïf au véreux, mêlant et démêlant des histoires anciennes, des querelles, des doutes, des secrets... Pas de méchants, pas de gentils, mais seulement des hommes et des femmes présentés dans toutes leurs imperfections.
Nous apprenons au fur et à mesure à les découvrir, à les aimer, à les détester sans pour autant pouvoir émettre de jugement complet, car au final, tous nous font un peu pitié, coincés qu'ils sont dans leur propre vie, dans leur propre jugement, leur propre problème et leur propre obstination à ne vouloir voir ou comprendre ce qui est devant leur nez.
L'histoire est un boucle et tout termine là où tout à commencé. Mais entre temps, nous avons découvert que tous ces personnages si différents, sont liés les uns aux autres d'une manière ou d'une autre. Nous avons découvert leur histoire, vu comment ils allaient s'arranger. Si pour la plupart, ça évolue dans le bon sens, certains vont pâtir plus ou moins sérieusement de leur choix.
Il n'y a pas d'action dans ce livre. Nous suivons un fil directeur, voyons une scène de différents points de vues. Tout semble tranquille d'apparence mais nous remarquons au fur et à mesure, de multiples tensions. Le village est de plus en plus sous pression, dû aux rumeurs, aux ragots... Barry, la cause de tout, qui semble si parfait, est le seul qui ne puisse se défendre. Et ce personnage central, que l'on ne voit qu'une dizaine de page, est le symbole même de ce que nous sommes pour les gens : une idole pour certains, un salaud de première pour d'autres. C'est incroyable la diversité d'opinion qu'un groupe de personnes puisse avoir d'un même homme !
Dans ce livre, un point m'a "choqué" : les scènes de sexe. En petit nombre mais bien présentes, c'est une des différences phares de Harry Potter. Nous trouvons un langage parfois vulgaire qu'il n'y a pas dans ses autres romans. J'ai été un peu "choquée" par ce point : je m'imaginais pas l'auteur écrire ainsi ;)
Malgré un manque d'action évident, je me suis pas ennuyée au début. J'étais vraiment dedans, accrochée, aspirée par le talent d'écriture de l'auteur. Cette action plate ne me dérangeait pas. Malheureusement, j'ai traîné ce livre sur plus de 3 semaines. Et j'ai trouvé que le roman s'essoufflait sur la fin. Est-ce dû fait que j'ai dû étaler ma lecture sur trop de semaines ? Ou est-ce du ressort du roman lui-même ? Je ne sais pas... A vous de tenter et de voir...
La fin du roman est bouleversante mais je suis restée tellement extérieure, tant j'en avais marre de toujours lire la même chose, que je n'ai même pas versée ma petite larme. Dommage car le début, bien que n'indiquant pas un roman coup de coeur, lui conférait un 16/20... Ce creux ressenti passé les 400 pages, lui fait perdre deux points...
Le comparer à Harry Potter est tout simplement impossible. J'avais l'impression de tenir un roman d'un auteur totalement différent. Rien, mais vraiment rien sinon peut-être la plume, ne ressemble à Harry Potter. Aucun des personnages ne m'a rappelé la saga du sorcier, pas même de clin d'oeil...
Que conclure ?
Le début de ce roman est très addictif. L'action certes plate, ne nous empêche pas d'accrocher et de tourner les pages très rapidement. Malheureusement, j'ai ressenti quelques longueurs sur la fin, peut-être dû à un trop grand nombre de pages ou alors, à une lecture trop étalée sur les semaines. Il n'en demeure que J.K. Rowling signe un roman très différent et incomparable à sa saga phare qui est loin de m'avoir déplu. Mais jamais ce roman n'aurait eu autant de lecteurs sans le succès de Harry Potter.
Pour les fans qui hésitent à se lancer, je vous encourage malgré tout à découvrir ce roman, à condition de le lire sans chercher à retrouver notre sorcier favori...
J'espère qu'elle ne mettra pas cinq ans pour sortir un nouveau livre, et pourquoi pas, revenir au fantastique ou changer encore une fois de style. Un polar ?